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mon travail

L’arbre que j’évoque est une forêt qui se dessine. Cette forêt, étrange, invisible et partout présente, entoure l’arbre singulier qui a été saisi. L’arbre lui-même est plein. Tout ici est matière, les plis de l’écorce, les lacis de ramures, l’exubérance des branches, l’élancement de racines. Cette matière vive imprègne durablement la vision qui s’y pose et qui s’y perd avec volupté, avec désir. Tout ici est vie ! La pousse et la frondaison sont palpables. Dans chaque arbre, la vie pulse et frémit comme un bruissement sourd, comme un battement qui transcende les règnes. L’arbre tel que je le peins est un dépassement où le végétal et l’animal se lient. Et tout y est lumière, jusque dans les ombrages et dans les reflets profonds. Chaque point attire à lui les lueurs mouvantes d’un miroitement, comme un noyau d’atome attire les particules chargées qui dansent dans son cercle.

C’est alors que les désirs oscillent. On a un bref instant l’envie de plonger, d’entrer plus près, à cette échelle si petite du point où de fantasques paysages naissent. On cherche une distance et l’on se prend à reculer, afin d’embrasser l’arbre dans sa plénitude forte et sereine. De là, le toucher du regard, du corps, entrer en résonance avec sa matière, sa vie, sa lumière. Tout, à la fois, et tout en même temps.

 

Ma Forêt  est dédiée aux générations futures, au temps peut-être où il sera devenu nécessaire de refonder ou d’emporter ailleurs les immenses variations de ces géants des formes, ces ardents capteurs de lumière.

Sifar